L'embauche
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Récit érotique écrit par Philus [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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L'embauche
À Albi le lundi matin, des publicités en tout genre envahissaient sans gêne les boîtes aux lettres des habitants. Il était tentant de balancer tout le paquet directement dans la poubelle de recyclage sans même regarder, mais il valait mieux les jeter une par une, car il pouvait s’y glisser un courrier postal potentiellement important. C’était le cas ce jour-là. Quentin Van Sanen quitta sa boîte aux lettres donnant sur la rue Sainte Carême et retourna dans la maison une enveloppe dans une main et un ensemble de paperasses dans l’autre.
— Chérie ! appela-t-il, j’ai une réponse de la NucleoTech. Je n’ose pas l’ouvrir.
Camille Mongrain et Quentin étaient mariés depuis peu. Sans emploi tous les deux quand ils se sont connus, elle avait trouvé un travail de rédactrice dans une société d’édition régionale, mais lui cherchait encore. Elle était satisfaite de son poste, pas trop mal payé, mais regrettait néanmoins les horaires en deux fois huit qu’elle devait observer. Tous deux originaires du Tarn, leur déménagement à Albi n’avait pas posé de problèmes particuliers. Quentin venait de fêter ses trente ans, plus âgé que son épouse de quelques mois seulement. C’était un beau gosse brun aux yeux noirs qui portait bien le costume et avait une élégante prestance générale. Ingénieur qualifié, il avait sollicité la NucleoTech pour un emploi de cadre technico-commercial et avait pour cela rencontré le DRH de l’entreprise. Un sobre « On vous écrira » conclut l’entretien qui ne lui avait pas laissé beaucoup d’espoir.
Camille, qui vaquait à diverses occupations à l’étage, dévala aussitôt l’escalier. C’était une femme élancée, blonde aux yeux bleus dotée de formes avantageuses sauf ses seins qu’elle trouvait trop petits. Mais, comme le soulignait Quentin avec humour, « Il y en a bien assez pour la main d’un honnête homme ». Elle se rapprocha de son mari, déposa un rapide baiser sur ses lèvres et ôta l’enveloppe de ses mains tremblantes.
— Tu veux que je l’ouvre ? questionna-t-elle, un doigt déjà glissé dans le rabat.
— Pour l’instant, c’est comme le chat de Schrödinger, la réponse peut être bonne et mauvaise à la fois tant qu’on ne regarde pas dans l’enveloppe.
— C’est bien une blague d’ingénieur en physique nucléaire, soupira Camille. Alors ?
— Ben, vas-y ! Ne restons pas dans l’expectative. Voyons si ce chat est mort ou vivant !
Nerveusement, Camille déchira l’enveloppe, sortit la lettre et la parcourut silencieusement. Un sourire éclaira son visage.
— Alors ? s’impatientait le jeune homme.
— On te propose un essai de trois mois avec CDI à la clé si tu donnes satisfaction. Tu commencerais lundi prochain neuf juin.
Incrédule, Quentin arracha le feuillet des mains de Camille et le lut les yeux écarquillés.
— Ouais ! Super ! Je le savais ! Viens, on va fêter ça, s’écria-t-il en entraînant sa femme dans l’escalier.
Camille traînait un peu des pieds.
— Chéri, je viens de me préparer, je commence dans deux heures à peine.
— T’inquiète ! Je suis tout excité, ça ne va pas durer longtemps.
Camille se laissa faire. Un intermède amoureux avant d’aller au travail ne lui déplaisait finalement pas et elle savait comment faire pour ne pas avoir à se recoiffer et à se remaquiller. Quentin voulait une gâterie, elle allait la lui offrir, la semaine débutait trop bien.
Ils grimpèrent l’escalier au petit trot et se dirigèrent droit vers leur chambre dont le lit était encore défait.
— Regarde, mon amour ! Le lit nous attend déjà, s’exclama Quentin en se jetant dessus sur le dos.
Camille s’empara d’une boîte de mouchoirs en papier, toujours en place sur une table de chevet, la posa sur la couette et ôta le rouge de ses lèvres. Elle s’assit à côté de son mari avec précautions, puis plaqua la main sur son pubis. Elle caressa le membre viril à travers la couche de tissu. Il abaissa les paupières et son sexe banda en se frayant un chemin où il put. Puis, des deux mains, Camille s’attaqua au ceinturon, à l’agrafe du pantalon et à la fermeture à glissière de la braguette. Elle tira légèrement et fit descendre le vêtement à mi-cuisse. Une grosse bosse déformait le slip bleu électrique. Toujours par-dessus le sous-vêtement, Camille s’empara fermement du scrotum qu’elle malaxa.
— Ouiiii… soupirait son mari.
Ce fut ensuite au tour de la verge durcie d’être délicatement malmenée et à la fin, d’un coup sec, elle dégagea le membre en pesant sur l’élastique de la ceinture. Tel un diable jaillissant de sa boîte, le phallus se dressa aussitôt. Camille s’en saisit, abaissa le prépuce et libéra le gland rouge et brillant qui semblait pulsatile.
Quentin devina ce que sa femme lui préparait et il s’impatientait. Camille approcha doucement ses lèvres, ouvrit la bouche encore plus lentement et enfin, enfourna le dard brûlant.
— Ouiiii… haletait encore Quentin.
Tout en suçant le pénis de son mari, Camille en enserrait la hampe et le masturbait. Elle ne voulait pas se mettre en retard et elle savait qu’avec la façon dont elle s’y prenait, Quentin ne tiendrait pas longtemps. Elle eut raison encore une fois, car après quelques minutes de cette fellation experte, le jeune homme agrippa la tête de sa femme en criant.
— Aaaahhh ! Je jouiiiis…
Autant dans la paume de sa main que sur sa langue, Camille sentit les spasmes de la décharge voluptueuse. La semence lui envahit la bouche. Quentin avait toujours été un gros éjaculateur et quand l’orgasme fut terminé, elle se redressa, fit la moue, gonfla ses joues, et des deux index appuya dessus les yeux hilares. Elle cracha un mélange de sperme et de salive qui atterrit sur le visage de Quentin et sur son t-shirt. Il grimaça de surprise tandis que Camille éclata de rire.
— Mon t-shirt ! se plaignit-il.
Camille se releva et fila dans la salle de bain pour se repasser du rouge à lèvres.
— Chérie ! J’aurais voulu mieux pour toi, reste un peu, fit Quentin en élevant la voix.
Sa femme revint en trottinant.
— Pas le temps, répondit-elle rapidement en déposant un tout petit baiser sur la bouche de Quentin.
Avant de quitter la pièce, Camille se retourna et, désignant son mari du doigt, rit aux éclats.
— Ha ! Ha ! Tu te verrais, le pantalon et le slip aux genoux et la quéquette à l’air !
Puis sans attendre la réaction de Quentin, elle descendit l’escalier pour filer guetter le bus qui, déjà, pointait sa calandre au bout de la rue Sainte Carême.
Quentin n’avait pas bougé, il regardait son sexe qui soudain se redressa. Il s’en saisit à pleine main et ferma les yeux.
— Bon, puisque c’est ça, je vais faire le deuxième service tout seul, lâcha-t-il en commençant à se masturber.
*-*
Le lundi neuf juin, costumé et cravaté, Quentin parvint à la NucleoTech, zone de Jarlard. Il avait rendez-vous avec le DRH. Ce dernier, homme d’une quarantaine d’années et présentant un certain embonpoint, s’appelait François Tayac. Le crâne largement dégarni, il sentait fort le tabac et devait profiter souvent des pauses autorisées pour fumeurs à l’extérieur du bâtiment. Le contrat de CDD attendait les deux parties et quand il fut signé, François conduisit le nouveau venu chez Vincent Lampron, le PDG de l’entreprise.
Autant François ne semblait pas mener une vie très saine, autant Vincent, dont l’âge devait se situer entre cinquante et cinquante-cinq ans respirait la santé. Quentin sut plus tard que son patron se levait tous les matins à cinq heures pour un jogging d’une heure. De retour chez lui, il se douchait, avalait son petit-déjeuner et filait à l’usine vers sept heures, soit une heure avant l’arrivée des ouvriers et employés. C’est même très souvent qu’il croisait le veilleur de nuit qui pouvait avec joie finir sa mission plus tôt.
François et Quentin prirent place dans un fauteuil face au bureau de Vincent. Celui-ci prit la parole.
— Monsieur Van Sanen, je vous souhaite la bienvenue au sein de la NucleoTech. Tout d’abord, je vous informe que, dans un souci de convivialité et pour renforcer l’esprit d’équipe, tout le monde ici se tutoie et s’appelle par le prénom. À partir de maintenant, tu m’appelleras Vincent et moi Quentin. Il en est de même pour François ici présent, mais aussi pour tous les employés et ouvriers de la boîte. Cela rétrécit considérablement les écarts de niveaux et la communication passe beaucoup mieux.
Vincent chercha du regard l’approbation de Quentin.
— Bien Mons… Vincent, j’ai compris.
— Tu sais que l’activité principale de notre établissement consiste en la fourniture de petites pièces pour les centrales nucléaires, poursuivit Vincent. C’est un secteur délicat et une discrétion extrême t’est demandée. Quelques centrales en France vouées au démantèlement viennent de retrouver leur raison d’être en raison du coût de l’énergie qui a flambé. Ta présence ici est motivée par une commande urgente de ces centrales qui ont un besoin important de valves et de visseries spécifiques. Le délai de livraison est très court, deux mois, et je compte sur toi pour établir le processus de fabrication et être ponctuel dans les délais. Le dernier mois se bornera pour toi à surveiller la qualité de la production directement auprès des clients. Acceptes-tu cette mission et t’engages-tu à son accomplissement ?
Quentin prit de l’assurance, car ce qu’on lui demandait se trouvait en plein dans son champ de compétence.
— Oui, Vincent. Non seulement j’accepte la mission que tu veux bien me confier, mais je m’engage à sa pleine réalisation.
— C’est parfait. Dans trois mois, nous changerons ton contrat et tes futures missions. Dans cette attente, tu bénéficieras d’une voiture de fonction et tes déplacements à l’extérieur seront pris en charge. La période d’essai terminée, nous reverrons ta rémunération et les divers avantages liés à ta fonction. Je te souhaite « bon courage » et sache que mon bureau t’est ouvert pendant toute cette période, il suffit de voir ma secrétaire pour caler un rendez-vous.
Vincent se leva et se dirigea vers la porte de la pièce, manière élégante pour indiquer que l’entretien était terminé. François et Quentin l’imitèrent et ils retournèrent dans le bureau du DRH.
— Avant que je te montre ton bureau, voici les clés et les papiers de ta voiture. Je te propose une visite de l’usine. Tu feras connaissance avec les chefs d’atelier.
Quentin voguait sur son petit nuage. Certes, la tâche présentait de nombreuses difficultés, mais il savait qu’il pouvait la mener à bien. Après cela, il s’imaginait bien faire partie du staff de la NucleoTech.
— OK, allons-y, conclut-il.
*-*
Quentin avait pris son travail à cœur. D’une part, car il voulait prouver qu’il était un homme sur lequel on pouvait compter et d’autre part, il détenait des raisons plus prosaïques comme l’espoir de la signature d’un CDI et d’une rémunération confortable à la clé. Camille et lui n’auraient plus qu’à se laisser vivre.
Le revers de la médaille, c’est qu’à s’épuiser au travail, il ne s’occupait plus beaucoup de sa femme. Un soir, il se coucha comme d’habitude vers minuit après son dernier mail professionnel et commençait à s’endormir, le dos tourné vers Camille, quand celle-ci se mit à souffler en rythme. Ceci l’inquiéta quelques secondes et il s’apprêtait à lui demander si elle se sentait bien lorsqu’une plainte, dont il connaissait bien le ton, retentit. En faisant plus attention, il devina la couette bouger en douceur puis de plus en plus rapidement. La respiration de son épouse devint haletante et le drap remua soudain plus vite et plus bruyamment. Camille se raidit, poussa un cri étouffé qu’elle espérait discret et se laissa retomber de tout son poids sur le matelas en expirant tout l’air de ses poumons. La couette gigota encore quelques minutes puis tout s’arrêta. Enfin, Camille se tourna de son côté et se prépara à s’endormir. La masturbation se révèle souvent un bon somnifère.
Lorsque Quentin comprit que sa femme se caressait sans lui faire part de ses envies, il eut une érection. Trop fatigué pour lui faire l’amour, il décida de faire comme elle et entreprit de se masturber à son tour. Il n’avait pas joui depuis plusieurs jours, et il éjacula quatre ou cinq fois une dose de sperme peu commune. Comment expliquera-t-il les taches dans les draps ? On verra ça plus tard. De toute façon, quand il aura signé son CDI, il sera à coup sûr moins stressé, ainsi Camille et lui pourront baiser aussi souvent qu’avant. En attendant, Quentin pensa égoïstement qu’il préférait imaginer sa femme se branler plutôt qu’elle prît un amant.
Les trois mois passèrent vite. Bon an mal an, les Van Sanen avaient trouvé le temps de s’envoyer en l’air quelquefois, mais tout compte fait, les deux époux avaient eu plus d’orgasmes en se masturbant qu’en faisant l’amour, même si ceux-là s’étaient révélés de moins bonne qualité. Toutefois, chacun des deux conjoints s’était surpris à souhaiter entendre son partenaire se branler en catimini. C’était une forme d’excitation sexuelle jusque là inconnue qui ne leur déplaisait finalement pas.
Le vendredi de la dernière semaine vint rapidement, Quentin devait être fixé sur son sort le lundi suivant. Il avait parfaitement exécuté la mission que lui avait confiée son patron et Vincent en avait convenu. Peu avant dix-huit heures, le PDG appela Quentin à son bureau.
— Quentin Van Sanen, répondit-il sobrement comme à son habitude.
— Oui Quentin ? C’est Vincent. Je tenais à te féliciter pour le travail que je t’ai demandé. Tu as vraiment été au-delà de mes espérances et je t’en félicite. Pour fêter cela, je te propose de venir avec ton épouse à Valras dans ma maison sur la côte. Vous venez samedi dans l’après-midi, on dîne ensemble avec ma femme, sans doute un barbecue, vous dormez à la maison et vous repartez dimanche quand vous voulez. Ça te va ?
Quentin réfléchissait à cent à l’heure. Il ne lui fallut pas cogiter longtemps pour se persuader que, de son acceptation à cette invitation dépendait son avenir dans la société.
— Bien entendu, avec plaisir. Camille se fera une joie de te rencontrer, depuis le temps que je lui parle de toi…
— En bien, j’espère ! s’esclaffa Vincent. Plus sérieusement, je t’envoie l’adresse par mail pour ton GPS. Moi j’y pars ce soir, à samedi !
— À demain, Vincent, bonne soirée.
Vincent et Quentin raccrochèrent en même temps. Ce dernier posa son stylo sur le bureau, recula son fauteuil à roulettes et sourit largement en passant ses deux mains aux doigts entremêlés derrière sa nuque.
— J’ai l’impression que c’est tout bon pour moi, ça, déclara-t-il à voix haute.
*-*
La journée du samedi s’annonçait belle et chaude. Valras n’était qu’à trois heures de route d’Albi, aussi Quentin et Camille étaient partis, dans la voiture de fonction, en début d’après-midi. Le GPS estimait l’heure d’arrivée vers dix-sept heures.
L’itinéraire s’était déroulé sans incident et Quentin s’arrêta à dix-sept heures dix devant un portail gris coupant un mur haut et totalement opaque. Après un appel à l’interphone, le vantail coulissa et Quentin pénétra dans un jardin fleuri et au gazon tondu à la perfection. Le maître de maison sortit pour accueillir ses invités, tandis que son épouse, plus jeune que lui d’une quinzaine d’années, restait en retrait sur la terrasse en souriant. On procéda aux présentations et les époux Van Sanen furent surpris de la différence d’âge de Sonia et de Vincent. Ils n’en dirent rien, bien entendu. Sonia était une jolie femme d’environ trente-cinq ans. C’était une brune aux yeux noirs un peu bridés qui trahissaient une ascendance asiatique lointaine. Vincent effectua le tour du propriétaire avec Quentin et Camille. Une terrasse immense entourait une maison gigantesque avec vue sur la Méditerranée. Camille appréciait le cadre, mais une désagréable impression la talonnait. Plusieurs fois, elle surprit un regard insistant sur ses formes de la part de Vincent. Elle en glissa deux mots à son mari qui lui répondit qu’elle se faisait sans doute des idées. Même si c’était le cas, elle devrait se sentir flattée. Cela n’alla pas plus loin, mais Camille ressentait tout de même un certain malaise.
Le temps s’écoula jusqu’à l’heure de l’apéritif. Vincent proposa un vin blanc local que tout le monde trouva si bon qu’une deuxième bouteille suivit. Au bout d’une heure, le feu du barbecue flambait fort et Vincent lança la cuisson des saucisses, merguez et côtes d’agneau. Du blanc, on passa au rouge, plus corsé. Les flacons vides s’empilèrent rapidement dans un coin. En fin de repas, Sonia apporta le dessert et un magnum de champagne que Vincent sabra en faisant sauter le bouchon qui atterrit dans le gazon. Il remplit les quatre flûtes en riant, puis il redevint sérieux et se tourna vers Quentin.
— Prends ton verre et viens, lui murmura-t-il.
Quentin fut d’abord surpris. Il regarda les deux femmes qui discutaient et plaisantaient entre elles sans faire attention à eux. Alors il se leva et se dirigea vers Vincent qui l’attendait debout près de la piscine.
— Quentin, je ne te connais pas assez pour savoir comment tu vas réagir, mais je voudrais te proposer quelque chose, déclara Vincent à mi-voix.
— Vas-y, je t’écoute, répondit Quentin sur le même ton.
— Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Quentin, mais ta femme me plaît énormément.
Quentin se raidit immédiatement, muet.
— Comment trouves-tu Sonia ?
— C’est… c’est une jolie femme, bafouilla Quentin.
— Alors puisque vous passez la nuit ici, on pourrait peut-être échanger nos épouses jusqu’à demain ? Qu’en dis-tu ?
— Sonia est d’accord ? questionna innocemment Quentin.
— Bien sûr, elle ne le sait pas encore, mais c’est une chose courante en ce qui nous concerne.
Quentin s’attendait à tout sauf à ça. Il chercha une échappatoire.
— Camille ne voudra jamais…
— Alors, écoute, mon petit Vincent. Tu te débrouilles pour la convaincre, sinon lundi je risque d’être de fort mauvaise humeur.
Sur ces paroles péremptoires, Vincent retourna vers les deux femmes, laissant en plan un Quentin abasourdi.
Dix minutes plus tard, Camille et Quentin, assis sur un banc, discutaient en aparté sous un saule pleureur.
— Ça ne va pas bien dans ta tête ? déclara Camille outrée.
— Tu sais, moi non plus ça ne me plaît pas de t’imaginer dans le lit de Vincent…
— Alors, refusons et partons tout de suite.
— Écoute-moi bien, plaida Quentin en prenant la main de son épouse qui ne le regardait pas. François, le DRH, m’a vendu la mèche pour lundi. Le contrat qu’on va me proposer est inespéré. Cent vingt mille euros de rémunération brute annuelle, une voiture de fonction de luxe qui ne nous coûterait rien, intéressement, participation, bonus, stock options et j’en passe. De plus, dans trois ou quatre ans, je peux être dans l’équipe dirigeante et ma rémunération serait doublée, sans même parler des dividendes. Avec un tel travail, nous pourrons nous payer une maison aussi belle que celle-ci. Si ça ne se fait pas, tout tombe à l’eau. Alors, fais un effort s’il te plaît.
— Tu veux dire que si je refuse, on ne signe pas ton contrat ?
— Tu as tout compris.
— Et toi tu te taperais Sonia ? C’est ça ?
Le jeune homme ne répondit pas et baissa le regard. Camille contempla son mari et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle aimait Quentin et l’idée de le tromper lui était insupportable. Toutefois, elle ne remarquait pas le même scrupule chez lui. Mais au-delà de ça, ce qui la gênait le plus, c’est que si elle refusait et que par sa faute, Quentin n’était pas embauché à la NucleoTech, il le lui reprocherait farouchement et leur vie deviendrait vite un enfer. Par ailleurs, une nuit passée avec cet homme qu’elle ne connaissait que depuis quelques heures ne la rebutait pas tant que ça. Il était certes plus âgé, mais agréable à regarder. Et enfin, elle n’affichait pas tant d’aventures que ça avant de rencontrer Quentin.
Après ces quelques minutes de réflexion, Camille se tourna vers son mari, lui serra la main fortement et murmura d’une voix juste audible :
— Bon, d’accord…
Quentin prit sa femme dans ses bras et déposa un baiser sur sa bouche.
— C’est super. Tu verras, quand nous serons vieux dans notre grande villa, nous en reparlerons comme d’un bon souvenir.
— J’aimerais en être aussi sûre…
*-*
Quelques minutes plus tard, Quentin avait signifié à Vincent que Camille avait donné son accord pour l’échange. S’il semblait lui-même enjoué par cette annonce, Vincent le regarda d’un air paradoxalement un peu déçu. Cela ne dura toutefois qu’une fraction de seconde.
— J’ai prévenu ma femme également, répondit-il. C’est elle qui donnera le signal du départ.
Il s’écoula trois quarts d’heure et en effet, Sonia s’approcha de Quentin pour lui murmurer quelque chose à l’oreille. Il hocha la tête sans un mot et offrit sa main à la jeune femme. Ils disparurent dans la maison sous le regard amusé cette fois de Vincent et celui affligé de Camille.
— Je vous emmène, madame Van Sanen ? proposa celui-là.
Camille fut tirée de sa rêverie et tendit la main avec un pauvre sourire. Le deuxième couple de ce soir de juin s’évanouit également dans la majestueuse villa.
Sonia entraînait Quentin dans un couloir puis s’arrêta devant une porte qu’elle ouvrit pour la refermer derrière eux. Ce n’était sans doute pas la chambre conjugale, mais une chambre d’amis très joliment décorée. Une lumière tamisée, diffusée par des appliques murales, donnait une impression de chaleur et de bien-être. Sonia se déshabilla en un tournemain sous les yeux intéressés de Quentin et se faufila sous la couette comme si elle avait froid. Elle l’invita silencieusement de ses deux bras ouverts. Quentin n’avait jamais trompé Camille depuis qu’il la connaissait, il l’aimait et ne lui aurait jamais fait d’infidélité. Là, ce n’était pas la même chose, c’était un passage obligé, une espèce de formalité, mais plutôt agréable, devait-il reconnaître. Un pincement au cœur toutefois lui rappela que Camille, son amour et sa femme, se laissait sauter par son patron en ce moment précis. Cette image arracha définitivement les lambeaux de scrupules qu’il avait ressentis et se déshabilla, face à Sonia. Il bandait déjà. Sonia ne disait rien, mais appréciait le spectacle.
— Je suis rassurée sur l’effet que je te fais, déclara-t-elle enfin.
Quentin sourit et se glissa à côté de Sonia, qui grimpa sur lui pour l’embrasser à pleine bouche. Les deux amants s’abandonnèrent totalement l’un à l’autre. Le jeune homme roula sur lui-même, plaquant Sonia sur le dos. Il continuait de l’embrasser, puis sa bouche quitta ses lèvres pour son cou fleuri et sucré. Il s’attarda longuement sur ses seins ronds et lourds, puis n’y tenant plus, il se dirigea vers le pubis glabre de sa partenaire qui écarta aussitôt les jambes. Le parfum d’amour de ses sécrétions montait aux narines de Quentin, renforçant son érection qui n’en avait pourtant pas besoin. Sa queue devint dure comme un bambou, son gland, qui avait décalotté tout seul, frottait contre le drap. Il se positionna à genoux, libérant son membre d’une friction peu agréable, et plongea son nez dans le vagin ouvert. La langue sortie lécha tout, de l’anus au clitoris et retour. La cyprine dégoulinait sur le périnée et lui mouillait le menton avant de détremper la literie.
— Je viens déjà, souffla Sonia, je viens, ta langue est démoniaque. Aaahhh…
Quelques secondes après ces mots, Quentin reçut dans sa bouche avide l’excès de lubrifiant que les contractions vaginales expulsaient. Il l’étala de ses lèvres sur toute la zone érogène de l’intérieur des cuisses. Tout son visage en était baigné. Lorsque l’orgasme de Sonia se tarit, il s’approcha d’elle à genoux en l’enjambant et présenta sa verge impatiente en lui tapotant le menton. Elle ouvrit la bouche et il s’enfonça dans ce fourreau doux et chaud avec un énorme soupir de volupté. Sonia n’eut pas à effectuer beaucoup de mouvement. Quentin était tellement excité qu’il se vida peu après par huit jets de sperme que la jeune femme eut du mal à avaler tant la quantité de liquide lui paraissait exceptionnelle. Sonia lui agrippa les testicules, lorsque Quentin se retira et déclara en souriant :
— Tu en fais toujours des litres comme ça ?
— Seulement avec les jolies femmes, répondit-il.
— Et flatteur en plus ! Viens-là, j’ai d’autres cavités à découvrir. Je ne te laisserai pas partir avant que tu les aies toutes explorées.
— Laisse-moi souffler quelques instants, répondit Quentin en prenant la jeune femme dans ses bras pour l’embrasser.
Vincent avait emmené Camille à l’opposé de la chambre occupée par Sonia et Quentin. La jeune femme admirait la décoration de la maison. En habiterait-elle une comme celle-ci un jour ainsi que le prétendait son mari ? Cela justifiait-il sa conduite actuelle ? Vincent ouvrit une porte et laissa entrer Camille. Un grand lit, revêtu de soie brillante, vert et bleu, leur tendait les bras. Vincent ôta le couvre-pied, révélant des draps fins de couleur saumon. Il sourit à Camille qui sentit son estomac se nouer.
Quentin, aidé en cela par le vin local généreusement servi, faillit s’endormir. Il fut tiré de son demi-sommeil par Sonia qui lui suçait le gland. Il reprit conscience et son sexe se dressa prêt à l’emploi.
— Ah ! Tout de même ! observa Sonia. J’ai bien cru que je t’avais perdu.
Sans un mot, Quentin bascula sur sa partenaire qui ouvrit les cuisses largement.
— Ramone-moi la chatte, ta grosse bite va me faire jouir, je le sens.
— Tiens ! Prends-la ma grosse bite, répondit Quentin en enfonçant son pieu dans le vagin toujours détrempé de Sonia.
— Ouiii !!! Plus loin, plus loin…, implora-t-elle.
— Elle ne fait pas trente centimètres, chérie ! Je ne peux pas !
Quand son pubis toucha celui de Sonia, Quentin entama une série de va-et-vient de grande amplitude. Sa partenaire ahanait en cadence.
— Han ! Han ! Han !...
Soudain, Quentin sentit les ongles de Sonia s’incruster dans son dos, il grimaça.
— Aaaahhh !!! Encore, encore, encore ! Ne pars pas !
L’orgasme de Sonia dura très longtemps.
— Laisse-la-moi ! Laisse-la-moi !
Quentin jouit à son tour dans la fournaise, mais sa verge avait simultanément dégonflé au grand dam de Sonia qui en attendait toujours plus. Lorsqu’il se retira, une coulure de sperme et de cyprine s’évacua des nymphes rougies et enflées.
— Sonia ; tu me tues… fit Quentin dans un souffle avant de s’écrouler sur le lit, pour quelques minutes de répit seulement.
Camille regardait Vincent, immobile. En cette nuit chaude de juin, elle n’était pas beaucoup habillée. Elle se débarrassa doucement de ses chaussures, de ses grandes boucles d’oreille et de sa montre. L’homme l’admirait sans bouger. Enfin, toute honte bue, elle fit passer sa robe légère par-dessus sa tête pour se présenter en culotte et soutien-gorge à son futur et premier amant extra-conjugal. Vincent l’observait avec une certaine tendresse.
Sonia posa un baiser sur les lèvres de Quentin et lui dit :
— C’est pas fini, chéri. Tu en as encore dans les couilles, je le sais, je le sens.
Elle se positionna en levrette la tête et les épaules sur l’oreiller. D’une manière obscène, elle écarta ses deux globes fessiers, découvrant une rondelle brune et toute plissée. Cette vue redonna du tonus à Quentin qui se jeta dessus pour la sucer avec délice, accompagné des soupirs de la belle qui lors se masturba le clitoris. Après plusieurs minutes pendant lesquelles Quentin récupérait également la cyprine dégoulinant plus bas pour en humecter l’anus, il se présenta à genoux, son sexe infatigable dressé. Il aboucha le gland contre le sphincter.
— Vas-y, chéri, je vais bientôt jouir. Vas-y, s’écria Sonia en accélérant le mouvement de rotation autour de son petit bouton.
Après déjà deux éjaculations, Quentin savait que la troisième mettrait du temps à venir. Il enfonça son dard profondément dans le rectum de sa partenaire et ce qui devait arriver arriva. La pénétration soudaine fit jouir Sonia en premier. Elle hurla.
— Aahhh ! Plus loin dans mon cul, chéri, plus loin…
Quentin lui besognait l’arrière-train comme un forcené. Les contractions du plaisir de Sonia se répercutaient sur son anus et celui-ci lui enserrait sa queue fermement. Il crut qu’il ne parviendrait jamais à éjaculer, mais l’orgasme le saisit lui aussi et il gicla sa semence dans le cul de sa maîtresse d’un soir. Il ne compta que trois spasmes, Sonia l’avait littéralement vidé.
Les deux amants se retrouvèrent allongés sur le dos, Quentin se caressait le sexe avec la main de Sonia qu’il tenait par le poignet.
— Là, tu vois, ça ne marche plus, affirma-t-il. La machine à bander ne fonctionne plus.
— Je te propose un entracte d’une heure et un double whisky. Après, on verra si la machine est vraiment cassée !
Camille passa les deux mains derrière elle pour dégrafer son soutien-gorge. Vincent l’arrêta de sa paume tendue. Elle le regarda, une lueur d’incompréhension dans les yeux.
— Arrêtez Camille. Ici, c’est votre chambre, moi je vais dormir à côté.
Camille en fut abasourdie. Elle se trouva soudain ridicule en sous-vêtements devant cet homme qui ne la désirait apparemment plus. Elle repassa sa robe nerveusement.
— Je ne suis pas à votre goût ? demanda-t-elle, vexée.
— Oh ! Que si ! Vous êtes une très jolie femme, soyez-en sûre. Je ne laisse pas d’habitude les femmes dans votre cas aller aussi loin.
Camille ne comprenait plus. À quel jeu jouait Vincent ?
— Les femmes dans mon cas ?...
Vincent s’approcha et chuchota longuement à l’oreille de la jeune femme. Puis il se recula et se dirigea vers la porte.
— Bonne nuit, nous prendrons le petit-déjeuner ensemble demain matin. Vous comprendrez le tout plus tard, conclut Vincent en sortant de la chambre.
Camille s’assit doucement sur le lit, complètement égarée.
— Je ne comprends plus rien, se dit-elle. Est-ce que Sonia a fait la même chose avec Quentin ?
La machine à bander de Quentin n’était pas cassée, elle était juste fatiguée. Une heure plus tard, Sonia chevauchait une fois de plus son inlassable phallus de fer. Trois heures s’écoulèrent à nouveau, le ciel rosissait à l’est et Quentin, que rien ne semblait arrêter, biflait les joues couvertes de sperme de sa maîtresse extasiée.
*-*
Le lendemain dimanche, quand Sonia et Quentin s’attablèrent au petit-déjeuner, alors que Vincent et Camille avaient déjà terminé, il ne faisait aucun doute qu’ils n’avaient pas fait chambre à part. Leur mine tirée et leurs cernes bleu foncé sous les yeux parlaient pour eux. Camille surtout regardait son mari avec un sentiment exacerbé de jalousie mêlé de rancœur. Si elle avait escompté une seconde que Sonia et Quentin ne coucheraient pas ensemble, son mince espoir venait de s’envoler. Elle prit la parole sèchement, déterminée.
— Quentin, tu avales ton café et nous partons. Je ne voudrais pas arriver trop tard à Albi, j’ai des choses à faire.
Quentin accusa le coup.
— Oui, chérie.
Le voyage du retour fut lourd et silencieux. Camille conduisait et Quentin, épuisé de sa nuit, dormait à ses côtés.
*-*
Le lundi matin, Quentin gara la belle voiture de fonction sur le parking de la NucleoTech. Un sourire rayonnant aux lèvres, il grimpa rapidement au premier étage et frappa à la porte vitrée du bureau de François Tayac. Celui-ci leva le nez de ses papiers et posa son stylo.
— Entre ! invita-t-il.
Quentin pénétra dans la pièce où une vague odeur de tabac froid régnait. François la portait sur lui.
— Bonjour, François, tu as sans doute des documents à me faire signer, avança-t-il.
— Assieds-toi d’abord, fit le DRH.
Quentin s’installa sur le fauteuil, les deux avant-bras sur le bureau. Tayac sortit une lettre de son tiroir et la posa devant le jeune homme.
— C’est ton certificat de travail pour les trois mois passés chez nous. Tu vois, pas besoin de signature.
Quentin regardait le papier comme s’il s’agissait d’un serpent venimeux.
— Mais… et mon contrat ?
— Je suis désolé, mais il n’y a pas de contrat pour toi. Tu n’as finalement pas été retenu pour le poste à pourvoir.
La foudre tombait aux pieds de Quentin.
— Mais… mais c’est absurde ! bafouilla-t-il.
— Je crois qu’il vaut mieux que tu ailles voir Vincent. D’ailleurs, il t’attend.
Quentin jaillit de la pièce en ouvrant la porte tellement fort qu’elle claqua contre le mur.
— N’oublie pas de me rendre les clés et les papiers de la voiture ! cria François dans le vide.
Le jeune homme se rua dans le couloir et pénétra dans le bureau de Vincent sans même frapper auparavant. Le patron, son téléphone en main, observa Quentin rouge de colère et dit à son correspondant.
— Je vous rappelle plus tard, veuillez m’excuser.
Il reposa le combiné sur son socle. Quentin, l’index menaçant, s’écria :
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Mon travail a été irréprochable et je ne suis pas retenu ? Le week-end chez toi, c’était quoi ? Un lot de consolation ?
— D’abord, calme-toi, commença-t-il d’une voix calme, et assieds-toi.
Quentin ravala sa hargne et prit un fauteuil.
— Et maintenant, tu m’expliques ?
— Oui, mais ne m’interromps pas, sinon tu peux rentrer chez toi tout de suite.
Quentin fusilla Vincent du regard, se mordit les lèvres et attendit de pied ferme.
— Sans entrer dans les détails, sache que la NucleoTech travaille aussi bien pour le nucléaire civil que militaire. La mission que je t’ai confiée quand tu es arrivé, et que tu as brillamment menée à bien, concernait le civil. Cependant, le poste à pourvoir et pour lequel je te pressentais, concerne la branche militaire. Tu aurais été en relation permanente avec le ministère des Armées. Il va de soi que si je t’ai demandé une grande discrétion pour tout ce qui concerne le nucléaire civil, je t’aurais demandé un secret absolu pour la branche militaire.
Vincent fit une pause, Quentin en profita pour tenter de placer quelques mots, mais le patron leva la paume de la main, pour l’arrêter.
— Conserver un secret est une chose, ne pas se laisser corrompre en est une autre. Alors j’ai joué sur le côté personnel, et tu n’es pas le premier avec qui j’use de cet artifice. Le week-end à Valras était l’ultime épreuve. Je t’ai proposé l’échange de nos épouses pour voir ta réaction. Tu connais la suite. Sache par ailleurs qu’il ne s’est jamais rien passé entre Camille et moi et je lui ai demandé de garder le secret jusqu’à aujourd’hui. Vous en discuterez quand tu rentreras. En un mot comme en cent Quentin, tu es corruptible, capable de vendre ta femme pour tes besoins personnels alors qu’il s’agit de la personne la plus précieuse à tes yeux. Tu peux aisément comprendre que dans un tel cas de figure, je ne peux pas t’accorder la confiance nécessaire à une saine collaboration. Tu as cru devoir accepter ma proposition, en fait, il fallait la refuser et tu serais là dans ce bureau, ton contrat d’embauche signé, mais tu as été emporté par ton ambition aveugle.
Sonné, Quentin ne disait plus rien, puis il se reprit.
— Mais dis voir, toi aussi tu as vendu ta femme pour tes machinations à la con ! Et puis elle a foutrement bien aimé ça la salope ! Tu ne vaux pas mieux que moi finalement, alors ta morale de merde, tu sais où tu peux te la mettre… cracha-t-il, perdant toute mesure.
Vincent esquissa un sourire.
— Sonia, ma femme, est en vacances à Mykonos depuis deux semaines avec les enfants. La femme que tu as « honorée » pour ne pas employer de vulgarité comme toi, s’appelle Leslie. C’est une escort-girl qui me rend quelques menus services, notamment quand des clients venant de loin négocier un contrat se retrouvent bien seuls dans notre belle ville d’Albi.
Cette révélation assomma Quentin pour le compte. Il se leva d’un bond, renversa le fauteuil sur lequel il était assis et sortit du bureau.
— Tu me le paieras ! s’écria-t-il, le poing levé.
*-*
Assis dans le bus, comme un simple chômeur qu’il était encore trois mois plus tôt, Quentin ruminait. Il s’arrêta dans un bar place Jean Jaurès et enfila whisky sur whisky en se lamentant sur son sort. Vers quatorze heures, le patron du bistrot lui signifia qu’il avait assez bu et qu’il serait plus prudent pour lui de rentrer. Quentin obtempéra. Il ferait amende honorable auprès de Camille et tous deux effaceront ce week-end pourri de leur mémoire. Ils repartiront comme il y a trois mois, il recherchera du travail à nouveau, avec son bagage, il en trouvera aisément. Ragaillardi par l’alcool, il remonta dans un bus qui le laissa rue Sainte Carême. Il revint chez lui et s’affala dans le canapé. Camille ne rentrerait que le soir.
Ce fut alors qu’il la vit. Une enveloppe sur la table basse, adossée à un vase dépourvu de toute fleur. Un seul mot dessus : « Quentin ». À l’intérieur, une feuille de papier pliée en quatre. Quentin lut le texte avidement. Sa mine se défaisait au fur et à mesure de sa lecture. Il relut plusieurs fois le dernier paragraphe en sanglotant.
« Tu comprendras, Quentin, que je ne peux pas continuer à vivre avec un homme capable de vendre sa propre femme pour satisfaire ses ambitions.
Mon avocat, Maître Duchastel te contactera dans la semaine. »
*-*
— Chérie ! appela-t-il, j’ai une réponse de la NucleoTech. Je n’ose pas l’ouvrir.
Camille Mongrain et Quentin étaient mariés depuis peu. Sans emploi tous les deux quand ils se sont connus, elle avait trouvé un travail de rédactrice dans une société d’édition régionale, mais lui cherchait encore. Elle était satisfaite de son poste, pas trop mal payé, mais regrettait néanmoins les horaires en deux fois huit qu’elle devait observer. Tous deux originaires du Tarn, leur déménagement à Albi n’avait pas posé de problèmes particuliers. Quentin venait de fêter ses trente ans, plus âgé que son épouse de quelques mois seulement. C’était un beau gosse brun aux yeux noirs qui portait bien le costume et avait une élégante prestance générale. Ingénieur qualifié, il avait sollicité la NucleoTech pour un emploi de cadre technico-commercial et avait pour cela rencontré le DRH de l’entreprise. Un sobre « On vous écrira » conclut l’entretien qui ne lui avait pas laissé beaucoup d’espoir.
Camille, qui vaquait à diverses occupations à l’étage, dévala aussitôt l’escalier. C’était une femme élancée, blonde aux yeux bleus dotée de formes avantageuses sauf ses seins qu’elle trouvait trop petits. Mais, comme le soulignait Quentin avec humour, « Il y en a bien assez pour la main d’un honnête homme ». Elle se rapprocha de son mari, déposa un rapide baiser sur ses lèvres et ôta l’enveloppe de ses mains tremblantes.
— Tu veux que je l’ouvre ? questionna-t-elle, un doigt déjà glissé dans le rabat.
— Pour l’instant, c’est comme le chat de Schrödinger, la réponse peut être bonne et mauvaise à la fois tant qu’on ne regarde pas dans l’enveloppe.
— C’est bien une blague d’ingénieur en physique nucléaire, soupira Camille. Alors ?
— Ben, vas-y ! Ne restons pas dans l’expectative. Voyons si ce chat est mort ou vivant !
Nerveusement, Camille déchira l’enveloppe, sortit la lettre et la parcourut silencieusement. Un sourire éclaira son visage.
— Alors ? s’impatientait le jeune homme.
— On te propose un essai de trois mois avec CDI à la clé si tu donnes satisfaction. Tu commencerais lundi prochain neuf juin.
Incrédule, Quentin arracha le feuillet des mains de Camille et le lut les yeux écarquillés.
— Ouais ! Super ! Je le savais ! Viens, on va fêter ça, s’écria-t-il en entraînant sa femme dans l’escalier.
Camille traînait un peu des pieds.
— Chéri, je viens de me préparer, je commence dans deux heures à peine.
— T’inquiète ! Je suis tout excité, ça ne va pas durer longtemps.
Camille se laissa faire. Un intermède amoureux avant d’aller au travail ne lui déplaisait finalement pas et elle savait comment faire pour ne pas avoir à se recoiffer et à se remaquiller. Quentin voulait une gâterie, elle allait la lui offrir, la semaine débutait trop bien.
Ils grimpèrent l’escalier au petit trot et se dirigèrent droit vers leur chambre dont le lit était encore défait.
— Regarde, mon amour ! Le lit nous attend déjà, s’exclama Quentin en se jetant dessus sur le dos.
Camille s’empara d’une boîte de mouchoirs en papier, toujours en place sur une table de chevet, la posa sur la couette et ôta le rouge de ses lèvres. Elle s’assit à côté de son mari avec précautions, puis plaqua la main sur son pubis. Elle caressa le membre viril à travers la couche de tissu. Il abaissa les paupières et son sexe banda en se frayant un chemin où il put. Puis, des deux mains, Camille s’attaqua au ceinturon, à l’agrafe du pantalon et à la fermeture à glissière de la braguette. Elle tira légèrement et fit descendre le vêtement à mi-cuisse. Une grosse bosse déformait le slip bleu électrique. Toujours par-dessus le sous-vêtement, Camille s’empara fermement du scrotum qu’elle malaxa.
— Ouiiii… soupirait son mari.
Ce fut ensuite au tour de la verge durcie d’être délicatement malmenée et à la fin, d’un coup sec, elle dégagea le membre en pesant sur l’élastique de la ceinture. Tel un diable jaillissant de sa boîte, le phallus se dressa aussitôt. Camille s’en saisit, abaissa le prépuce et libéra le gland rouge et brillant qui semblait pulsatile.
Quentin devina ce que sa femme lui préparait et il s’impatientait. Camille approcha doucement ses lèvres, ouvrit la bouche encore plus lentement et enfin, enfourna le dard brûlant.
— Ouiiii… haletait encore Quentin.
Tout en suçant le pénis de son mari, Camille en enserrait la hampe et le masturbait. Elle ne voulait pas se mettre en retard et elle savait qu’avec la façon dont elle s’y prenait, Quentin ne tiendrait pas longtemps. Elle eut raison encore une fois, car après quelques minutes de cette fellation experte, le jeune homme agrippa la tête de sa femme en criant.
— Aaaahhh ! Je jouiiiis…
Autant dans la paume de sa main que sur sa langue, Camille sentit les spasmes de la décharge voluptueuse. La semence lui envahit la bouche. Quentin avait toujours été un gros éjaculateur et quand l’orgasme fut terminé, elle se redressa, fit la moue, gonfla ses joues, et des deux index appuya dessus les yeux hilares. Elle cracha un mélange de sperme et de salive qui atterrit sur le visage de Quentin et sur son t-shirt. Il grimaça de surprise tandis que Camille éclata de rire.
— Mon t-shirt ! se plaignit-il.
Camille se releva et fila dans la salle de bain pour se repasser du rouge à lèvres.
— Chérie ! J’aurais voulu mieux pour toi, reste un peu, fit Quentin en élevant la voix.
Sa femme revint en trottinant.
— Pas le temps, répondit-elle rapidement en déposant un tout petit baiser sur la bouche de Quentin.
Avant de quitter la pièce, Camille se retourna et, désignant son mari du doigt, rit aux éclats.
— Ha ! Ha ! Tu te verrais, le pantalon et le slip aux genoux et la quéquette à l’air !
Puis sans attendre la réaction de Quentin, elle descendit l’escalier pour filer guetter le bus qui, déjà, pointait sa calandre au bout de la rue Sainte Carême.
Quentin n’avait pas bougé, il regardait son sexe qui soudain se redressa. Il s’en saisit à pleine main et ferma les yeux.
— Bon, puisque c’est ça, je vais faire le deuxième service tout seul, lâcha-t-il en commençant à se masturber.
*-*
Le lundi neuf juin, costumé et cravaté, Quentin parvint à la NucleoTech, zone de Jarlard. Il avait rendez-vous avec le DRH. Ce dernier, homme d’une quarantaine d’années et présentant un certain embonpoint, s’appelait François Tayac. Le crâne largement dégarni, il sentait fort le tabac et devait profiter souvent des pauses autorisées pour fumeurs à l’extérieur du bâtiment. Le contrat de CDD attendait les deux parties et quand il fut signé, François conduisit le nouveau venu chez Vincent Lampron, le PDG de l’entreprise.
Autant François ne semblait pas mener une vie très saine, autant Vincent, dont l’âge devait se situer entre cinquante et cinquante-cinq ans respirait la santé. Quentin sut plus tard que son patron se levait tous les matins à cinq heures pour un jogging d’une heure. De retour chez lui, il se douchait, avalait son petit-déjeuner et filait à l’usine vers sept heures, soit une heure avant l’arrivée des ouvriers et employés. C’est même très souvent qu’il croisait le veilleur de nuit qui pouvait avec joie finir sa mission plus tôt.
François et Quentin prirent place dans un fauteuil face au bureau de Vincent. Celui-ci prit la parole.
— Monsieur Van Sanen, je vous souhaite la bienvenue au sein de la NucleoTech. Tout d’abord, je vous informe que, dans un souci de convivialité et pour renforcer l’esprit d’équipe, tout le monde ici se tutoie et s’appelle par le prénom. À partir de maintenant, tu m’appelleras Vincent et moi Quentin. Il en est de même pour François ici présent, mais aussi pour tous les employés et ouvriers de la boîte. Cela rétrécit considérablement les écarts de niveaux et la communication passe beaucoup mieux.
Vincent chercha du regard l’approbation de Quentin.
— Bien Mons… Vincent, j’ai compris.
— Tu sais que l’activité principale de notre établissement consiste en la fourniture de petites pièces pour les centrales nucléaires, poursuivit Vincent. C’est un secteur délicat et une discrétion extrême t’est demandée. Quelques centrales en France vouées au démantèlement viennent de retrouver leur raison d’être en raison du coût de l’énergie qui a flambé. Ta présence ici est motivée par une commande urgente de ces centrales qui ont un besoin important de valves et de visseries spécifiques. Le délai de livraison est très court, deux mois, et je compte sur toi pour établir le processus de fabrication et être ponctuel dans les délais. Le dernier mois se bornera pour toi à surveiller la qualité de la production directement auprès des clients. Acceptes-tu cette mission et t’engages-tu à son accomplissement ?
Quentin prit de l’assurance, car ce qu’on lui demandait se trouvait en plein dans son champ de compétence.
— Oui, Vincent. Non seulement j’accepte la mission que tu veux bien me confier, mais je m’engage à sa pleine réalisation.
— C’est parfait. Dans trois mois, nous changerons ton contrat et tes futures missions. Dans cette attente, tu bénéficieras d’une voiture de fonction et tes déplacements à l’extérieur seront pris en charge. La période d’essai terminée, nous reverrons ta rémunération et les divers avantages liés à ta fonction. Je te souhaite « bon courage » et sache que mon bureau t’est ouvert pendant toute cette période, il suffit de voir ma secrétaire pour caler un rendez-vous.
Vincent se leva et se dirigea vers la porte de la pièce, manière élégante pour indiquer que l’entretien était terminé. François et Quentin l’imitèrent et ils retournèrent dans le bureau du DRH.
— Avant que je te montre ton bureau, voici les clés et les papiers de ta voiture. Je te propose une visite de l’usine. Tu feras connaissance avec les chefs d’atelier.
Quentin voguait sur son petit nuage. Certes, la tâche présentait de nombreuses difficultés, mais il savait qu’il pouvait la mener à bien. Après cela, il s’imaginait bien faire partie du staff de la NucleoTech.
— OK, allons-y, conclut-il.
*-*
Quentin avait pris son travail à cœur. D’une part, car il voulait prouver qu’il était un homme sur lequel on pouvait compter et d’autre part, il détenait des raisons plus prosaïques comme l’espoir de la signature d’un CDI et d’une rémunération confortable à la clé. Camille et lui n’auraient plus qu’à se laisser vivre.
Le revers de la médaille, c’est qu’à s’épuiser au travail, il ne s’occupait plus beaucoup de sa femme. Un soir, il se coucha comme d’habitude vers minuit après son dernier mail professionnel et commençait à s’endormir, le dos tourné vers Camille, quand celle-ci se mit à souffler en rythme. Ceci l’inquiéta quelques secondes et il s’apprêtait à lui demander si elle se sentait bien lorsqu’une plainte, dont il connaissait bien le ton, retentit. En faisant plus attention, il devina la couette bouger en douceur puis de plus en plus rapidement. La respiration de son épouse devint haletante et le drap remua soudain plus vite et plus bruyamment. Camille se raidit, poussa un cri étouffé qu’elle espérait discret et se laissa retomber de tout son poids sur le matelas en expirant tout l’air de ses poumons. La couette gigota encore quelques minutes puis tout s’arrêta. Enfin, Camille se tourna de son côté et se prépara à s’endormir. La masturbation se révèle souvent un bon somnifère.
Lorsque Quentin comprit que sa femme se caressait sans lui faire part de ses envies, il eut une érection. Trop fatigué pour lui faire l’amour, il décida de faire comme elle et entreprit de se masturber à son tour. Il n’avait pas joui depuis plusieurs jours, et il éjacula quatre ou cinq fois une dose de sperme peu commune. Comment expliquera-t-il les taches dans les draps ? On verra ça plus tard. De toute façon, quand il aura signé son CDI, il sera à coup sûr moins stressé, ainsi Camille et lui pourront baiser aussi souvent qu’avant. En attendant, Quentin pensa égoïstement qu’il préférait imaginer sa femme se branler plutôt qu’elle prît un amant.
Les trois mois passèrent vite. Bon an mal an, les Van Sanen avaient trouvé le temps de s’envoyer en l’air quelquefois, mais tout compte fait, les deux époux avaient eu plus d’orgasmes en se masturbant qu’en faisant l’amour, même si ceux-là s’étaient révélés de moins bonne qualité. Toutefois, chacun des deux conjoints s’était surpris à souhaiter entendre son partenaire se branler en catimini. C’était une forme d’excitation sexuelle jusque là inconnue qui ne leur déplaisait finalement pas.
Le vendredi de la dernière semaine vint rapidement, Quentin devait être fixé sur son sort le lundi suivant. Il avait parfaitement exécuté la mission que lui avait confiée son patron et Vincent en avait convenu. Peu avant dix-huit heures, le PDG appela Quentin à son bureau.
— Quentin Van Sanen, répondit-il sobrement comme à son habitude.
— Oui Quentin ? C’est Vincent. Je tenais à te féliciter pour le travail que je t’ai demandé. Tu as vraiment été au-delà de mes espérances et je t’en félicite. Pour fêter cela, je te propose de venir avec ton épouse à Valras dans ma maison sur la côte. Vous venez samedi dans l’après-midi, on dîne ensemble avec ma femme, sans doute un barbecue, vous dormez à la maison et vous repartez dimanche quand vous voulez. Ça te va ?
Quentin réfléchissait à cent à l’heure. Il ne lui fallut pas cogiter longtemps pour se persuader que, de son acceptation à cette invitation dépendait son avenir dans la société.
— Bien entendu, avec plaisir. Camille se fera une joie de te rencontrer, depuis le temps que je lui parle de toi…
— En bien, j’espère ! s’esclaffa Vincent. Plus sérieusement, je t’envoie l’adresse par mail pour ton GPS. Moi j’y pars ce soir, à samedi !
— À demain, Vincent, bonne soirée.
Vincent et Quentin raccrochèrent en même temps. Ce dernier posa son stylo sur le bureau, recula son fauteuil à roulettes et sourit largement en passant ses deux mains aux doigts entremêlés derrière sa nuque.
— J’ai l’impression que c’est tout bon pour moi, ça, déclara-t-il à voix haute.
*-*
La journée du samedi s’annonçait belle et chaude. Valras n’était qu’à trois heures de route d’Albi, aussi Quentin et Camille étaient partis, dans la voiture de fonction, en début d’après-midi. Le GPS estimait l’heure d’arrivée vers dix-sept heures.
L’itinéraire s’était déroulé sans incident et Quentin s’arrêta à dix-sept heures dix devant un portail gris coupant un mur haut et totalement opaque. Après un appel à l’interphone, le vantail coulissa et Quentin pénétra dans un jardin fleuri et au gazon tondu à la perfection. Le maître de maison sortit pour accueillir ses invités, tandis que son épouse, plus jeune que lui d’une quinzaine d’années, restait en retrait sur la terrasse en souriant. On procéda aux présentations et les époux Van Sanen furent surpris de la différence d’âge de Sonia et de Vincent. Ils n’en dirent rien, bien entendu. Sonia était une jolie femme d’environ trente-cinq ans. C’était une brune aux yeux noirs un peu bridés qui trahissaient une ascendance asiatique lointaine. Vincent effectua le tour du propriétaire avec Quentin et Camille. Une terrasse immense entourait une maison gigantesque avec vue sur la Méditerranée. Camille appréciait le cadre, mais une désagréable impression la talonnait. Plusieurs fois, elle surprit un regard insistant sur ses formes de la part de Vincent. Elle en glissa deux mots à son mari qui lui répondit qu’elle se faisait sans doute des idées. Même si c’était le cas, elle devrait se sentir flattée. Cela n’alla pas plus loin, mais Camille ressentait tout de même un certain malaise.
Le temps s’écoula jusqu’à l’heure de l’apéritif. Vincent proposa un vin blanc local que tout le monde trouva si bon qu’une deuxième bouteille suivit. Au bout d’une heure, le feu du barbecue flambait fort et Vincent lança la cuisson des saucisses, merguez et côtes d’agneau. Du blanc, on passa au rouge, plus corsé. Les flacons vides s’empilèrent rapidement dans un coin. En fin de repas, Sonia apporta le dessert et un magnum de champagne que Vincent sabra en faisant sauter le bouchon qui atterrit dans le gazon. Il remplit les quatre flûtes en riant, puis il redevint sérieux et se tourna vers Quentin.
— Prends ton verre et viens, lui murmura-t-il.
Quentin fut d’abord surpris. Il regarda les deux femmes qui discutaient et plaisantaient entre elles sans faire attention à eux. Alors il se leva et se dirigea vers Vincent qui l’attendait debout près de la piscine.
— Quentin, je ne te connais pas assez pour savoir comment tu vas réagir, mais je voudrais te proposer quelque chose, déclara Vincent à mi-voix.
— Vas-y, je t’écoute, répondit Quentin sur le même ton.
— Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Quentin, mais ta femme me plaît énormément.
Quentin se raidit immédiatement, muet.
— Comment trouves-tu Sonia ?
— C’est… c’est une jolie femme, bafouilla Quentin.
— Alors puisque vous passez la nuit ici, on pourrait peut-être échanger nos épouses jusqu’à demain ? Qu’en dis-tu ?
— Sonia est d’accord ? questionna innocemment Quentin.
— Bien sûr, elle ne le sait pas encore, mais c’est une chose courante en ce qui nous concerne.
Quentin s’attendait à tout sauf à ça. Il chercha une échappatoire.
— Camille ne voudra jamais…
— Alors, écoute, mon petit Vincent. Tu te débrouilles pour la convaincre, sinon lundi je risque d’être de fort mauvaise humeur.
Sur ces paroles péremptoires, Vincent retourna vers les deux femmes, laissant en plan un Quentin abasourdi.
Dix minutes plus tard, Camille et Quentin, assis sur un banc, discutaient en aparté sous un saule pleureur.
— Ça ne va pas bien dans ta tête ? déclara Camille outrée.
— Tu sais, moi non plus ça ne me plaît pas de t’imaginer dans le lit de Vincent…
— Alors, refusons et partons tout de suite.
— Écoute-moi bien, plaida Quentin en prenant la main de son épouse qui ne le regardait pas. François, le DRH, m’a vendu la mèche pour lundi. Le contrat qu’on va me proposer est inespéré. Cent vingt mille euros de rémunération brute annuelle, une voiture de fonction de luxe qui ne nous coûterait rien, intéressement, participation, bonus, stock options et j’en passe. De plus, dans trois ou quatre ans, je peux être dans l’équipe dirigeante et ma rémunération serait doublée, sans même parler des dividendes. Avec un tel travail, nous pourrons nous payer une maison aussi belle que celle-ci. Si ça ne se fait pas, tout tombe à l’eau. Alors, fais un effort s’il te plaît.
— Tu veux dire que si je refuse, on ne signe pas ton contrat ?
— Tu as tout compris.
— Et toi tu te taperais Sonia ? C’est ça ?
Le jeune homme ne répondit pas et baissa le regard. Camille contempla son mari et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle aimait Quentin et l’idée de le tromper lui était insupportable. Toutefois, elle ne remarquait pas le même scrupule chez lui. Mais au-delà de ça, ce qui la gênait le plus, c’est que si elle refusait et que par sa faute, Quentin n’était pas embauché à la NucleoTech, il le lui reprocherait farouchement et leur vie deviendrait vite un enfer. Par ailleurs, une nuit passée avec cet homme qu’elle ne connaissait que depuis quelques heures ne la rebutait pas tant que ça. Il était certes plus âgé, mais agréable à regarder. Et enfin, elle n’affichait pas tant d’aventures que ça avant de rencontrer Quentin.
Après ces quelques minutes de réflexion, Camille se tourna vers son mari, lui serra la main fortement et murmura d’une voix juste audible :
— Bon, d’accord…
Quentin prit sa femme dans ses bras et déposa un baiser sur sa bouche.
— C’est super. Tu verras, quand nous serons vieux dans notre grande villa, nous en reparlerons comme d’un bon souvenir.
— J’aimerais en être aussi sûre…
*-*
Quelques minutes plus tard, Quentin avait signifié à Vincent que Camille avait donné son accord pour l’échange. S’il semblait lui-même enjoué par cette annonce, Vincent le regarda d’un air paradoxalement un peu déçu. Cela ne dura toutefois qu’une fraction de seconde.
— J’ai prévenu ma femme également, répondit-il. C’est elle qui donnera le signal du départ.
Il s’écoula trois quarts d’heure et en effet, Sonia s’approcha de Quentin pour lui murmurer quelque chose à l’oreille. Il hocha la tête sans un mot et offrit sa main à la jeune femme. Ils disparurent dans la maison sous le regard amusé cette fois de Vincent et celui affligé de Camille.
— Je vous emmène, madame Van Sanen ? proposa celui-là.
Camille fut tirée de sa rêverie et tendit la main avec un pauvre sourire. Le deuxième couple de ce soir de juin s’évanouit également dans la majestueuse villa.
Sonia entraînait Quentin dans un couloir puis s’arrêta devant une porte qu’elle ouvrit pour la refermer derrière eux. Ce n’était sans doute pas la chambre conjugale, mais une chambre d’amis très joliment décorée. Une lumière tamisée, diffusée par des appliques murales, donnait une impression de chaleur et de bien-être. Sonia se déshabilla en un tournemain sous les yeux intéressés de Quentin et se faufila sous la couette comme si elle avait froid. Elle l’invita silencieusement de ses deux bras ouverts. Quentin n’avait jamais trompé Camille depuis qu’il la connaissait, il l’aimait et ne lui aurait jamais fait d’infidélité. Là, ce n’était pas la même chose, c’était un passage obligé, une espèce de formalité, mais plutôt agréable, devait-il reconnaître. Un pincement au cœur toutefois lui rappela que Camille, son amour et sa femme, se laissait sauter par son patron en ce moment précis. Cette image arracha définitivement les lambeaux de scrupules qu’il avait ressentis et se déshabilla, face à Sonia. Il bandait déjà. Sonia ne disait rien, mais appréciait le spectacle.
— Je suis rassurée sur l’effet que je te fais, déclara-t-elle enfin.
Quentin sourit et se glissa à côté de Sonia, qui grimpa sur lui pour l’embrasser à pleine bouche. Les deux amants s’abandonnèrent totalement l’un à l’autre. Le jeune homme roula sur lui-même, plaquant Sonia sur le dos. Il continuait de l’embrasser, puis sa bouche quitta ses lèvres pour son cou fleuri et sucré. Il s’attarda longuement sur ses seins ronds et lourds, puis n’y tenant plus, il se dirigea vers le pubis glabre de sa partenaire qui écarta aussitôt les jambes. Le parfum d’amour de ses sécrétions montait aux narines de Quentin, renforçant son érection qui n’en avait pourtant pas besoin. Sa queue devint dure comme un bambou, son gland, qui avait décalotté tout seul, frottait contre le drap. Il se positionna à genoux, libérant son membre d’une friction peu agréable, et plongea son nez dans le vagin ouvert. La langue sortie lécha tout, de l’anus au clitoris et retour. La cyprine dégoulinait sur le périnée et lui mouillait le menton avant de détremper la literie.
— Je viens déjà, souffla Sonia, je viens, ta langue est démoniaque. Aaahhh…
Quelques secondes après ces mots, Quentin reçut dans sa bouche avide l’excès de lubrifiant que les contractions vaginales expulsaient. Il l’étala de ses lèvres sur toute la zone érogène de l’intérieur des cuisses. Tout son visage en était baigné. Lorsque l’orgasme de Sonia se tarit, il s’approcha d’elle à genoux en l’enjambant et présenta sa verge impatiente en lui tapotant le menton. Elle ouvrit la bouche et il s’enfonça dans ce fourreau doux et chaud avec un énorme soupir de volupté. Sonia n’eut pas à effectuer beaucoup de mouvement. Quentin était tellement excité qu’il se vida peu après par huit jets de sperme que la jeune femme eut du mal à avaler tant la quantité de liquide lui paraissait exceptionnelle. Sonia lui agrippa les testicules, lorsque Quentin se retira et déclara en souriant :
— Tu en fais toujours des litres comme ça ?
— Seulement avec les jolies femmes, répondit-il.
— Et flatteur en plus ! Viens-là, j’ai d’autres cavités à découvrir. Je ne te laisserai pas partir avant que tu les aies toutes explorées.
— Laisse-moi souffler quelques instants, répondit Quentin en prenant la jeune femme dans ses bras pour l’embrasser.
Vincent avait emmené Camille à l’opposé de la chambre occupée par Sonia et Quentin. La jeune femme admirait la décoration de la maison. En habiterait-elle une comme celle-ci un jour ainsi que le prétendait son mari ? Cela justifiait-il sa conduite actuelle ? Vincent ouvrit une porte et laissa entrer Camille. Un grand lit, revêtu de soie brillante, vert et bleu, leur tendait les bras. Vincent ôta le couvre-pied, révélant des draps fins de couleur saumon. Il sourit à Camille qui sentit son estomac se nouer.
Quentin, aidé en cela par le vin local généreusement servi, faillit s’endormir. Il fut tiré de son demi-sommeil par Sonia qui lui suçait le gland. Il reprit conscience et son sexe se dressa prêt à l’emploi.
— Ah ! Tout de même ! observa Sonia. J’ai bien cru que je t’avais perdu.
Sans un mot, Quentin bascula sur sa partenaire qui ouvrit les cuisses largement.
— Ramone-moi la chatte, ta grosse bite va me faire jouir, je le sens.
— Tiens ! Prends-la ma grosse bite, répondit Quentin en enfonçant son pieu dans le vagin toujours détrempé de Sonia.
— Ouiii !!! Plus loin, plus loin…, implora-t-elle.
— Elle ne fait pas trente centimètres, chérie ! Je ne peux pas !
Quand son pubis toucha celui de Sonia, Quentin entama une série de va-et-vient de grande amplitude. Sa partenaire ahanait en cadence.
— Han ! Han ! Han !...
Soudain, Quentin sentit les ongles de Sonia s’incruster dans son dos, il grimaça.
— Aaaahhh !!! Encore, encore, encore ! Ne pars pas !
L’orgasme de Sonia dura très longtemps.
— Laisse-la-moi ! Laisse-la-moi !
Quentin jouit à son tour dans la fournaise, mais sa verge avait simultanément dégonflé au grand dam de Sonia qui en attendait toujours plus. Lorsqu’il se retira, une coulure de sperme et de cyprine s’évacua des nymphes rougies et enflées.
— Sonia ; tu me tues… fit Quentin dans un souffle avant de s’écrouler sur le lit, pour quelques minutes de répit seulement.
Camille regardait Vincent, immobile. En cette nuit chaude de juin, elle n’était pas beaucoup habillée. Elle se débarrassa doucement de ses chaussures, de ses grandes boucles d’oreille et de sa montre. L’homme l’admirait sans bouger. Enfin, toute honte bue, elle fit passer sa robe légère par-dessus sa tête pour se présenter en culotte et soutien-gorge à son futur et premier amant extra-conjugal. Vincent l’observait avec une certaine tendresse.
Sonia posa un baiser sur les lèvres de Quentin et lui dit :
— C’est pas fini, chéri. Tu en as encore dans les couilles, je le sais, je le sens.
Elle se positionna en levrette la tête et les épaules sur l’oreiller. D’une manière obscène, elle écarta ses deux globes fessiers, découvrant une rondelle brune et toute plissée. Cette vue redonna du tonus à Quentin qui se jeta dessus pour la sucer avec délice, accompagné des soupirs de la belle qui lors se masturba le clitoris. Après plusieurs minutes pendant lesquelles Quentin récupérait également la cyprine dégoulinant plus bas pour en humecter l’anus, il se présenta à genoux, son sexe infatigable dressé. Il aboucha le gland contre le sphincter.
— Vas-y, chéri, je vais bientôt jouir. Vas-y, s’écria Sonia en accélérant le mouvement de rotation autour de son petit bouton.
Après déjà deux éjaculations, Quentin savait que la troisième mettrait du temps à venir. Il enfonça son dard profondément dans le rectum de sa partenaire et ce qui devait arriver arriva. La pénétration soudaine fit jouir Sonia en premier. Elle hurla.
— Aahhh ! Plus loin dans mon cul, chéri, plus loin…
Quentin lui besognait l’arrière-train comme un forcené. Les contractions du plaisir de Sonia se répercutaient sur son anus et celui-ci lui enserrait sa queue fermement. Il crut qu’il ne parviendrait jamais à éjaculer, mais l’orgasme le saisit lui aussi et il gicla sa semence dans le cul de sa maîtresse d’un soir. Il ne compta que trois spasmes, Sonia l’avait littéralement vidé.
Les deux amants se retrouvèrent allongés sur le dos, Quentin se caressait le sexe avec la main de Sonia qu’il tenait par le poignet.
— Là, tu vois, ça ne marche plus, affirma-t-il. La machine à bander ne fonctionne plus.
— Je te propose un entracte d’une heure et un double whisky. Après, on verra si la machine est vraiment cassée !
Camille passa les deux mains derrière elle pour dégrafer son soutien-gorge. Vincent l’arrêta de sa paume tendue. Elle le regarda, une lueur d’incompréhension dans les yeux.
— Arrêtez Camille. Ici, c’est votre chambre, moi je vais dormir à côté.
Camille en fut abasourdie. Elle se trouva soudain ridicule en sous-vêtements devant cet homme qui ne la désirait apparemment plus. Elle repassa sa robe nerveusement.
— Je ne suis pas à votre goût ? demanda-t-elle, vexée.
— Oh ! Que si ! Vous êtes une très jolie femme, soyez-en sûre. Je ne laisse pas d’habitude les femmes dans votre cas aller aussi loin.
Camille ne comprenait plus. À quel jeu jouait Vincent ?
— Les femmes dans mon cas ?...
Vincent s’approcha et chuchota longuement à l’oreille de la jeune femme. Puis il se recula et se dirigea vers la porte.
— Bonne nuit, nous prendrons le petit-déjeuner ensemble demain matin. Vous comprendrez le tout plus tard, conclut Vincent en sortant de la chambre.
Camille s’assit doucement sur le lit, complètement égarée.
— Je ne comprends plus rien, se dit-elle. Est-ce que Sonia a fait la même chose avec Quentin ?
La machine à bander de Quentin n’était pas cassée, elle était juste fatiguée. Une heure plus tard, Sonia chevauchait une fois de plus son inlassable phallus de fer. Trois heures s’écoulèrent à nouveau, le ciel rosissait à l’est et Quentin, que rien ne semblait arrêter, biflait les joues couvertes de sperme de sa maîtresse extasiée.
*-*
Le lendemain dimanche, quand Sonia et Quentin s’attablèrent au petit-déjeuner, alors que Vincent et Camille avaient déjà terminé, il ne faisait aucun doute qu’ils n’avaient pas fait chambre à part. Leur mine tirée et leurs cernes bleu foncé sous les yeux parlaient pour eux. Camille surtout regardait son mari avec un sentiment exacerbé de jalousie mêlé de rancœur. Si elle avait escompté une seconde que Sonia et Quentin ne coucheraient pas ensemble, son mince espoir venait de s’envoler. Elle prit la parole sèchement, déterminée.
— Quentin, tu avales ton café et nous partons. Je ne voudrais pas arriver trop tard à Albi, j’ai des choses à faire.
Quentin accusa le coup.
— Oui, chérie.
Le voyage du retour fut lourd et silencieux. Camille conduisait et Quentin, épuisé de sa nuit, dormait à ses côtés.
*-*
Le lundi matin, Quentin gara la belle voiture de fonction sur le parking de la NucleoTech. Un sourire rayonnant aux lèvres, il grimpa rapidement au premier étage et frappa à la porte vitrée du bureau de François Tayac. Celui-ci leva le nez de ses papiers et posa son stylo.
— Entre ! invita-t-il.
Quentin pénétra dans la pièce où une vague odeur de tabac froid régnait. François la portait sur lui.
— Bonjour, François, tu as sans doute des documents à me faire signer, avança-t-il.
— Assieds-toi d’abord, fit le DRH.
Quentin s’installa sur le fauteuil, les deux avant-bras sur le bureau. Tayac sortit une lettre de son tiroir et la posa devant le jeune homme.
— C’est ton certificat de travail pour les trois mois passés chez nous. Tu vois, pas besoin de signature.
Quentin regardait le papier comme s’il s’agissait d’un serpent venimeux.
— Mais… et mon contrat ?
— Je suis désolé, mais il n’y a pas de contrat pour toi. Tu n’as finalement pas été retenu pour le poste à pourvoir.
La foudre tombait aux pieds de Quentin.
— Mais… mais c’est absurde ! bafouilla-t-il.
— Je crois qu’il vaut mieux que tu ailles voir Vincent. D’ailleurs, il t’attend.
Quentin jaillit de la pièce en ouvrant la porte tellement fort qu’elle claqua contre le mur.
— N’oublie pas de me rendre les clés et les papiers de la voiture ! cria François dans le vide.
Le jeune homme se rua dans le couloir et pénétra dans le bureau de Vincent sans même frapper auparavant. Le patron, son téléphone en main, observa Quentin rouge de colère et dit à son correspondant.
— Je vous rappelle plus tard, veuillez m’excuser.
Il reposa le combiné sur son socle. Quentin, l’index menaçant, s’écria :
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Mon travail a été irréprochable et je ne suis pas retenu ? Le week-end chez toi, c’était quoi ? Un lot de consolation ?
— D’abord, calme-toi, commença-t-il d’une voix calme, et assieds-toi.
Quentin ravala sa hargne et prit un fauteuil.
— Et maintenant, tu m’expliques ?
— Oui, mais ne m’interromps pas, sinon tu peux rentrer chez toi tout de suite.
Quentin fusilla Vincent du regard, se mordit les lèvres et attendit de pied ferme.
— Sans entrer dans les détails, sache que la NucleoTech travaille aussi bien pour le nucléaire civil que militaire. La mission que je t’ai confiée quand tu es arrivé, et que tu as brillamment menée à bien, concernait le civil. Cependant, le poste à pourvoir et pour lequel je te pressentais, concerne la branche militaire. Tu aurais été en relation permanente avec le ministère des Armées. Il va de soi que si je t’ai demandé une grande discrétion pour tout ce qui concerne le nucléaire civil, je t’aurais demandé un secret absolu pour la branche militaire.
Vincent fit une pause, Quentin en profita pour tenter de placer quelques mots, mais le patron leva la paume de la main, pour l’arrêter.
— Conserver un secret est une chose, ne pas se laisser corrompre en est une autre. Alors j’ai joué sur le côté personnel, et tu n’es pas le premier avec qui j’use de cet artifice. Le week-end à Valras était l’ultime épreuve. Je t’ai proposé l’échange de nos épouses pour voir ta réaction. Tu connais la suite. Sache par ailleurs qu’il ne s’est jamais rien passé entre Camille et moi et je lui ai demandé de garder le secret jusqu’à aujourd’hui. Vous en discuterez quand tu rentreras. En un mot comme en cent Quentin, tu es corruptible, capable de vendre ta femme pour tes besoins personnels alors qu’il s’agit de la personne la plus précieuse à tes yeux. Tu peux aisément comprendre que dans un tel cas de figure, je ne peux pas t’accorder la confiance nécessaire à une saine collaboration. Tu as cru devoir accepter ma proposition, en fait, il fallait la refuser et tu serais là dans ce bureau, ton contrat d’embauche signé, mais tu as été emporté par ton ambition aveugle.
Sonné, Quentin ne disait plus rien, puis il se reprit.
— Mais dis voir, toi aussi tu as vendu ta femme pour tes machinations à la con ! Et puis elle a foutrement bien aimé ça la salope ! Tu ne vaux pas mieux que moi finalement, alors ta morale de merde, tu sais où tu peux te la mettre… cracha-t-il, perdant toute mesure.
Vincent esquissa un sourire.
— Sonia, ma femme, est en vacances à Mykonos depuis deux semaines avec les enfants. La femme que tu as « honorée » pour ne pas employer de vulgarité comme toi, s’appelle Leslie. C’est une escort-girl qui me rend quelques menus services, notamment quand des clients venant de loin négocier un contrat se retrouvent bien seuls dans notre belle ville d’Albi.
Cette révélation assomma Quentin pour le compte. Il se leva d’un bond, renversa le fauteuil sur lequel il était assis et sortit du bureau.
— Tu me le paieras ! s’écria-t-il, le poing levé.
*-*
Assis dans le bus, comme un simple chômeur qu’il était encore trois mois plus tôt, Quentin ruminait. Il s’arrêta dans un bar place Jean Jaurès et enfila whisky sur whisky en se lamentant sur son sort. Vers quatorze heures, le patron du bistrot lui signifia qu’il avait assez bu et qu’il serait plus prudent pour lui de rentrer. Quentin obtempéra. Il ferait amende honorable auprès de Camille et tous deux effaceront ce week-end pourri de leur mémoire. Ils repartiront comme il y a trois mois, il recherchera du travail à nouveau, avec son bagage, il en trouvera aisément. Ragaillardi par l’alcool, il remonta dans un bus qui le laissa rue Sainte Carême. Il revint chez lui et s’affala dans le canapé. Camille ne rentrerait que le soir.
Ce fut alors qu’il la vit. Une enveloppe sur la table basse, adossée à un vase dépourvu de toute fleur. Un seul mot dessus : « Quentin ». À l’intérieur, une feuille de papier pliée en quatre. Quentin lut le texte avidement. Sa mine se défaisait au fur et à mesure de sa lecture. Il relut plusieurs fois le dernier paragraphe en sanglotant.
« Tu comprendras, Quentin, que je ne peux pas continuer à vivre avec un homme capable de vendre sa propre femme pour satisfaire ses ambitions.
Mon avocat, Maître Duchastel te contactera dans la semaine. »
*-*
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16 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Merci lecteur(s) pour votre avis encourageant.
Très bonne histoire bien écrite
Très bon récit très bien écrit
Merci
Merci
Merci Laetitia, je suis ravi que cette histoire t'ait plu.
Et paf sur le bec !
Rester droit dans ses bottes, généralement et sur le long terme est positif. Quentin l’apprend à ses dépends.
Une histoire sympa et morale (ce n’est pas un gros mot, au contraire) et bien écrite.
Laeti
Rester droit dans ses bottes, généralement et sur le long terme est positif. Quentin l’apprend à ses dépends.
Une histoire sympa et morale (ce n’est pas un gros mot, au contraire) et bien écrite.
Laeti
Et paf sur le bec !
La vie est faite de choix, celui là n’était pas le bon.
Rester droit dans ses bottes généralement et sur le long terme est souvent payant. Quentin l’apprend à ses dépends.
Belle histoire, bien écrite.
Laeti
La vie est faite de choix, celui là n’était pas le bon.
Rester droit dans ses bottes généralement et sur le long terme est souvent payant. Quentin l’apprend à ses dépends.
Belle histoire, bien écrite.
Laeti
Merci lecteur. C'est ce que j'ai toujours essayé de faire dans mes histoires. Si l'on supprime les scènes de sexe, le récit tient encore debout. Mes histoires sont des fictions dans lesquelles il y a du sexe, et non pas du sexe autour duquel on brode une historiette pas toujours convaincante.
J'ai beaucoup aime ce récit, qui est une leçon de vie, pas une histoire de sexe.
Merci lecteur pour ce commentaire flatteur. J'essaie d'écrire des histoires complètes avec une intrigue qui se tient et j'évite les récits purement pornographiques que l'on voit sur HDS et qui ne sont pour la plupart qu'un ramassis de grossièretés. Je suis aussi très pointilleux sur le français, une langue bien malmenée un peu partout.
Meilleurs voeux
Philus
Meilleurs voeux
Philus
Un régal, une belle histoire bien racontée, plaisante à lire. Une belle chute qui contraste avec bonheur par opposition aux autres productions plus pornographiques.
Merci Jacques. J'ai craint un moment d'être un peu trop moraliste, mais l'ensemble des critiques m'en ont dissuadé. Vos commentaires à tous sont un régal. Merci.
On lit ici l’autre côté de la médaille. Un récit beaucoup plus plausible et reflétant la réalité de la vie. L’appât du gain l’a détruit lui et sa famille.
Un très beau texte.
Un très beau texte.
Merci lecteur pour votre appréciation qui me touche. S'il m'est agréable d'écrire, il m'est encore plus agréable de satisfaire un lecteur.
Philus
Philus
Je suis très positivement surpris de découvrir cette magnifique histoire !
La forme est parfaite, aucune faute orthographique ou grammaticale, ce qui est rarissime...
Le fond est encore meilleur : une très belle histoire, originale et crédible, qui tient en haleine du début à la fin que l'on n'imaginait pas...
Et surtout une sexualité très érotique, sans pute ni salope ni chienne ni propos dégradants, que du bonheur à la lecture.
Tu mérites un 20/20 et bien sûr une suite à ta création érotique !
La forme est parfaite, aucune faute orthographique ou grammaticale, ce qui est rarissime...
Le fond est encore meilleur : une très belle histoire, originale et crédible, qui tient en haleine du début à la fin que l'on n'imaginait pas...
Et surtout une sexualité très érotique, sans pute ni salope ni chienne ni propos dégradants, que du bonheur à la lecture.
Tu mérites un 20/20 et bien sûr une suite à ta création érotique !
Merci la Chipie, toujours sensible à ton avis sur mes créations. Bises et bonne année 2025.
Et oui la chute est mortelle. 🤷♀️
Bravo pour le texte.
La chipie
Bravo pour le texte.
La chipie
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